mercredi 15 juillet 2020

Chronique de la Terre qui penche (1)

En voici la première page:

" La vieille âme

À tes côtés je m'émerveille.
Blottie dans mon ombre, tu partages ma couche.
Tu dors, ô mon enfance,
Et pour l'éternité, dans la tombe, je veille.
Tu aurais dû crever quand tu as gagné ton trou, gamine,
Au lieu de quoi, la vie a dominé, sans joie.
Seule la rivière a tenté quelque chose pour marquer ton départ, ma lumineuse.
Dans la brume du petit matin, elle a soudain figé ses eaux vertes tout du long, si bien qu'en amont de la Furieuse, les aubes des moulins se sont arrêtées de tourner, comme engluées dans du métal fondu.
Dès que l'haleine humide et claire qui la nappait de vapeurs nocturnes est remontée à flanc de coteaux, jusqu'à se dissoudre tout à fait dans la chaleur du jour, dès que la rivière est apparue, nue, débarrassée de ses longs voiles laiteux, les meuniers de la vallée ont découvert que la Loue enchanteresse, s'était changée en miroir...."

...et cela nous a donné envie de nous y rendre, là-bas, loin de chez nous, aux rives de la Loue ... Nous y partons dès après-demain.

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